12.03.2007
L'étrange oubli de la loi Leonetti

Avons nous donc si peu de mémoire que nous avons oublié le genre de problèmes que l'on proposait aux écoliers du IIIe Reich: "Si un malade, inutile pour la société, coûte tant par jour à l'Etat, calculer quelle serait l'économie réalisée par l'Etat chaque année si ces malades disparaissaient"? La question n'en est malheureusement pas restée à l'état d'énoncé de problème de mathématiques, on lira sur le sujet l'article de Suzanne Heim dans le Monde diplomatique de mai 2005.
L'émotion de l'opinion publique est entretenue par les partisans ultra-minoritaires de l'euthanasie qui jouent sur l'indignation légitime que peuvent susciter des fins de vie dans des souffrances inhumaines. Ils espèrent à la faveur de l'élection présidentielle obtenir des engagements en faveur de l'euthanasie de la part des différents candidats, mais ils se gardent bien de souligner que le débat a déjà eu lieu et qu'une loi très récente a déjà été votée. Cette loi est la loi Leonetti sur la fin de vie, votée en 2005, qui récuse l'acharnement thérapeutique et affirme le droit fondamental pour chaque citoyen au refus de traitements inutiles ou dépourvus de sens. Malheureusement, cette loi est mal appliquée, les unités de soins palliatifs restent trop rares, et des situations trop nombreuses de souffrances intolérables perdurent. Faut-il pour autant créer une nouvelle loi alors que l'on n'a pas appliqué celle de 2005? Le bon sens voudrait que l'on commence par appliquer la loi Leonetti.
Marie de Hennezel, qui avait accompagné la mort de François Mitterrand, écrit justement dans le Monde daté du 1er mars:
Que Mme Royal et M. Sarkozy s'engagent dans la mise en oeuvre des textes. Voilà qu'à une semaine de distance vous prenez l'un et l'autre position en faveur d'une loi sur l'euthanasie. L'un et l'autre, vous invoquez l'argument des « souffrances épouvantables... intolérables » des personnes en fin de vie, souffrances face auxquelles « on ne peut pas rester les bras ballants », dites-vous. Vous voulez « mettre en place une législation » qui permette de les apaiser. En vous écoutant, on reste pantois.
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