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30.03.2007

Giscard: Multiplier les promesses répand le scepticisme et l'incrédulité

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Dans un article paru le 30 mars dans Métro, Giscard dresse un portrait du futur président.

Il recommande de s'intéresser à son caractère: est-il courageux, capable de prendre des risques personnels, de gérer des situations de crise ? Le programme parait plus secondaire, et Giscard préfère dix propositions tenues à cent non tenues.

Sur les deux premiers sujets, l'avantage serait à Bayrou:

Courage de rester en dehors du gouvernement et de refuser les portefeuilles de ministre, courage de rompre avec la culture de supplétif du RPR qui était insensiblement devenue celle de l'UDF, impression de pondération, de calme, face à l'hystérie qui s'est emparée de la classe politique après les événements de la gare du Nord (dont on ne peut s'empêcher de penser qu'ils ne sont pas tout à fait spontanés).

Refus d'ouvrir la boite à promesse et programme modeste mais réaliste.

Dernier critère: une honnêteté scrupuleuse que Giscard appelle éthique politique.

Avantage encore à Bayrou sur le thème de l'honnêteté, là où l'Etat UMP et l'Etat PS n'ont jamais été très exemplaires.

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29.03.2007

Gauche et droite: un clivage dépassé d'après un sondage SOFRES

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La Sofres a publié le 29 mars un intéressant sondage. Il montre comment le traditionnel clivage gauche-droite qui est censé structurer la vie politique française a perdu son sens.

Comme le montre le graphique, presque autant de personnes se disent à droite, au centre et à gauche. Le centre est même plutôt bien placé si l'on retranche les extrêmes. En outre, quand on interroge les gens sur les valeurs de droite et de gauche, on observe des fractures à l'intérieur des camps, au point que la polarisation ne signifie plus grand chose en terme de propositions et d'aspirations.

Un nouvel axe traverserait la gauche et la droite, qui irait des actions autoritaires aux idées généreuses et permettrait de définir, non plus deux profils, mais six profils d'électeurs.

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22.03.2007

Printemps orange: la révolution pacifique est en marche


François Bayrou : Un nouvel espoir pour la France
François Bayrou 2007

21 mars 2007, meeting de François Bayrou à Paris. 7500 personnes à l'intérieur du Zénith dans une ambiance électrique et enthousiaste, mais aussi 7500 à l'extérieur, dans le froid et l'enthousiasme aussi qui écoutent le discours retransmis sur un écran géant et se couvre progressivement de T-shirts orange distribués par les organisateurs.

Dans les métros le soir, après le meeting, étrange ambiance bon anfant que l'on ne connait que lors des grandes grèves, des soirs de coupe du monde ou des JMJ: Les passagers se parlent, discutent en arborant leurs T-shirts orange. C'est à la fois calme et chaleureux. Ceux qui étaient il y a quelques heures de parfaits inconnus sont des amis potentiels avec lesquels on prend manifestement plaisir à échanger ses opinions. La France orange ressemblera-t-elle à cette soirée ?

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18.03.2007

Sarkozy: Zéro pointé en économie

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Pour le Financial Times, le prestigieux quotidien des affaires, le programme économique du candidat de l’UMP est non seulement dépassé mais incohérent, lit-on dans le Courrier International de cette semaine.

Le FT lui reproche de proposer une sorte de reaganisme à la française, dans un contexte qui rend cette option irréaliste. En effet, Sarkozy sera incapable de financer son programme qui représente 1,6% du PIB alors que le pacte de solidarité et de croissance de l'Union Européenne oblige à réduire le déficit structurel de 0,5% par an. Il est vraiment curieux que l'étude publiée par REX-COHE ne se soit pas aperçue de ce problème. Comme l'écrit le FT: soit il ment, soit il s'apprête à assener un sacré coup à l'économie. Il est regrettable que le FT ne s'intéresse pas dans cet article au programme du candidat Bayrou, nettement plus crédible si l'on en croit les explications fournies par Charles de Courson après les attaques injustifiées de Thierry Breton.

Enfin le FT qualifie de malhonnête sa proposition de changer la mission de la Banque Centrale Européenne. Il souligne que cette mesure aurait pour effet de réduire la capacité de la BCE à mener une politique monétaire qui soutient la croissance, et que ce n'est de toutes façons pas au pouvoir de Sarkozy.

En effet, une telle proposition d'une part trahit les traités que nous avons nous même soutenus et choisis, ce qui est malhonnête envers nos partenaires, on ne peut pas en même temps se dire en faveur de la construction européenne, d'autre part, elle montre à quelle point les électeurs de Sarkozy s'illusionnent sur notre indépendance économique à l'intérieur de l'Europe.

Lire l'article du FT traduit dans Courrier International dans la suite de cette note.

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16.03.2007

Et l'enseignement professionnel ?

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Le sujet est rarement abordé, l'enseignement professionnel, c'est un peu pour les enfants des autres. Pourtant, c’est là que l’on perd 15% d’une classe d’âge qui quitte le système sans emploi et sans qualification. L'échec massif, la disparition des élèves indésirables, se produit discrètement à la rentrée en LEP.

Dans certaines académies, l'enseignement professionnel (2/3 LEP + 1/3 apprentissage) représente la moitié des élèves, c’est énorme. L’apprentissage (j’exclus de ce paragraphe les ingénieurs–apprentis, etc.) y est plutôt la voie d’excellence (d’où pas mal de garçons, peu d’élèves d’origine d’immigrée, moins de filles) et représente un vrai choix : il faut trouver soi-même son patron, il y a la perspective de monter son entreprise. Il faut continuer à valoriser ces métiers, à les faire connaître, à les ouvrir davantage à de nouveaux publics, mais l’apprentissage n’est ni un problème crucial, ni une solution universelle de l’enseignement professionnel.

Le véritable problème, ce sont ces 15% d'élèves qui disparaissent au moment d'entrer au lycée professionnel, poussés hors du système par une procédure d'orientation aveugle et imprévisible ou presque. La question est essentielle, c’est là que l’on perd 15% d’une classe d’âge qui quitte le système sans emploi et sans qualification.

Pour le moment l'orientation dans une spécialité en LEP relève souvent du non-choix : l’élève fait des vœux pour une spécialité (souvent sans savoir ce qu’elle est, il y en a des dizaines, avec des noms qui n’évoquent rien ou autre chose que la réalité comme « chaudronnerie » qui est en fait « travail des métaux» et n’a rien à voir avec les chaudrons). Le logiciel PAM, paramétré mystérieusement par le rectorat, affecte uniquement sur les notes. Pour l’élève c’est une loterie qui démotive toute réflexion sur son orientation.

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12.03.2007

L'étrange oubli de la loi Leonetti

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Avons nous donc si peu de mémoire que nous avons oublié le genre de problèmes que l'on proposait aux écoliers du IIIe Reich: "Si un malade, inutile pour la société, coûte tant par jour à l'Etat, calculer quelle serait l'économie réalisée par l'Etat chaque année si ces malades disparaissaient"? La question n'en est malheureusement pas restée à l'état d'énoncé de problème de mathématiques, on lira sur le sujet l'article de Suzanne Heim dans le Monde diplomatique de mai 2005.

L'émotion de l'opinion publique est entretenue par les partisans ultra-minoritaires de l'euthanasie qui jouent sur l'indignation légitime que peuvent susciter des fins de vie dans des souffrances inhumaines. Ils espèrent à la faveur de l'élection présidentielle obtenir des engagements en faveur de l'euthanasie de la part des différents candidats, mais ils se gardent bien de souligner que le débat a déjà eu lieu et qu'une loi très récente a déjà été votée. Cette loi est la loi Leonetti sur la fin de vie, votée en 2005, qui récuse l'acharnement thérapeutique et affirme le droit fondamental pour chaque citoyen au refus de traitements inutiles ou dépourvus de sens. Malheureusement, cette loi est mal appliquée, les unités de soins palliatifs restent trop rares, et des situations trop nombreuses de souffrances intolérables perdurent. Faut-il pour autant créer une nouvelle loi alors que l'on n'a pas appliqué celle de 2005? Le bon sens voudrait que l'on commence par appliquer la loi Leonetti.

Marie de Hennezel, qui avait accompagné la mort de François Mitterrand, écrit justement dans le Monde daté du 1er mars:
Que Mme Royal et M. Sarkozy s'engagent dans la mise en oeuvre des textes. Voilà qu'à une semaine de distance vous prenez l'un et l'autre position en faveur d'une loi sur l'euthanasie. L'un et l'autre, vous invoquez l'argument des « souffrances épouvantables... intolérables » des personnes en fin de vie, souffrances face auxquelles « on ne peut pas rester les bras ballants », dites-vous. Vous voulez « mettre en place une législation » qui permette de les apaiser. En vous écoutant, on reste pantois.

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11.03.2007

Good bye Balladur !

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Simone Veil réapparait à soixante dix-neuf ans, après neuf ans d'éloignement de la vie politique. Elle en était si éloignée au Conseil Constititutionnel qu'elle semble ne pas avoir remarqué que l'UDF ne gouverne plus avec le RPR dans une équipe Balladur. Elle semble retrouver la même équipe comme si rien n'était arrivé entre temps et remarque à juste titre que tous les gens qu'elle connaissait sont à l'UMP. C'est tout à fait juste, les barons de l'UDF sont passés à l'UMP en 2002, mais justement, ils ne sont plus l'UDF !

Même avec de la bonne volonté, la suite de son discours ne frappe pas par sa cohérence: dire que Bayrou ne représente que lui-même quand il est entre 20 et 24% dans les sondages est assez fort de café.

Elle ajoute ensuite qu'on la trouvait toujours un peu trop à gauche à l'UDF sur des sujets comme l'immigration et la parité, ce qui la pousse à se rallier à l'UMP, le jour où Sarkozy lance son idée de "Ministère de l'immigration et de l'identité nationale" et continue les expulsions des gens qui avaient déposé des demandes de régularisation en confiance. Quant à la parité, les parlementaires UMP ne s'en préoccupent visiblement pas beaucoup et préfèrent payer plutôt que de présenter des femmes. Je ne vois pas beaucoup de femmes ministres non plus, surtout dans des ministères importants, à part Michèle Alliot-Marie, c'est probablement le gouvernement qui comporte le moins de femmes depuis longtemps. C'est bizarrement au moment où l'UDF serait la plus proche de ses idées sur la parité et l'immigration, la plus proche sur le positionnement très au centre, qu'elle change de camp. Cherchez l'erreur.

Comment Sarkozy peut-il imaginer gagner la moindre voix en prenant à ce point les gens pour des idiots ? Comme peut-il imaginer que sa collection de personnalités d'une autre époque crédibilise son discours de rupture et d'orientation vers l'avenir?

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05.03.2007

Le Pen martyr de la République?

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Se présentera-t-il finalement? Faut-il remettre en cause la règle des parrainages? Quelles seraient les conséquences de son absence à la Présidentielle? La question préoccupe beaucoup les médias cette semaine, et sans doute les états majors UMP et PS qui se demandent si un coup de pouce discret serait ou non à leur avantage. Elle me semble mal posée, l'affaire des parrainages est l'arbre qui cache la forêt. Le scandale n'est pas de demander des signatures d'élus mais d'avoir organisé la vie politique de telle sorte que Le Pen, malgré un électorat réel, n'a pratiquement pas d'élus.

L'UMP peut bien jurer la main su le coeur qu'il faut lui permettre de se présenter si on veut éviter un cataclysme (lequel d'ailleurs?), à quoi sert de lui permettre de se présenter si tout est organisé ensuite pour l'empêcher d'avoir des députés ?

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04.03.2007

Bayrou et les profs, un amour réciproque?

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Bayrou attire de plus en plus les enseignants, trois millions d'électeurs potentiels ! Rien d'étonnant à cela. Il a été un ministre respectueux de ses collègues et son diagnostic et ses propositions tombent juste, à une période où Gilles de Robien donne tous les signes de l'incompétence, de la démagogie et du mépris avec des circulaires qui tombent du ciel, incompréhensibles mais à appliquer immédiatement.

Fin des suppressions de postes, fin des recrutements en accordéon, moyens garantis, absence de dogmatisme et expérimentations/évaluations, revalorisation des salaires et des carrières (très important, il y a un post qui traine sur le sujet dans tous les réseaux d'enseignants), effort en faveur de la recherche et de l'innovation, restauration de l'autorité avec augmentation du nombre d'adultes dans les établissements, classes spécifiques pour décrocheurs et autres besoins spécifiques (important aussi car la tendance est à la fermeture de ces classes, alors que les enseignants les savent indispensables).

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Quelques idées pour l'école primaire

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Quelques propositions en vrac. Elles paraissent peut-être un peu techniques pour ceux qui ne sont pas de la boutique, mais je crois qu'elles permettent de décliner de manière plus précise les orientations justes prises par Bayrou.

Un peu d'imagination. Sur le terrain, que pourrait-on faire pour que tous les enfants sachent lire, écrire, compter et surtout raisonner à l'entrée en 6e?
- Pour la maternelle: François Bayrou a raison de dire que c'est la grandeur de la France d'avoir une vraie école et pas une garderie, mais il faudrait ajouter une chose: pas plus de 20 élèves par classes, au delà, il devient impossible de travailler le langage qui est au coeur des apprentissages.

- Développer les dispositifs spécifiques pour les enfants qui ont des besoins particuliers et/ou sensibiliser TOUS les maîtres à ces situations particulières, les former quand c'est possible (mais ils ne peuvent pas être universels). On est en train de fermer beaucoup de classes spécifiques alors qu'elles sont pourtant indispensables: classes pour enfants non-francophones, pour y apprendre le français avant de rejoindre une classe classique, classes pour enfants handicapés, classes pour enfants qui ont des difficultés passégères de toutes sortes, classes pour enfants qui ne savent pas lire, etc. Sans cela les enfants qui y sont seront perdus, car avec les effectifs actuels, les enseignants ne peuvent pas s'en occuper complètement. Ils ne sont pas non plus formés à cela. Ce serait d'ailleurs difficile: ils sont déjà des généralistes qui enseignent toutes les disciplines et le vivre-ensemble de trois ans à onze ans, ce n'est pas si mal.

- Sur la question des enfants handicapés: l'idée de les scolariser avec les autres est bonne, à condition que les établissements aient les infrastructures nécessaires et la formation qui va avec, sinon, c'est une catastrophe ou cela conduit à déscolariser.

- Dès que les difficultés sont repérées, avoir des solutions. Aujourd'hui, la seule solution ou presque (les classes spécifiques sont en voie de disparition) est le redoublement dans les mêmes conditions, et il n'apporte pas grand chose (sauf cas particuliers). Il y a trois possibilités: petits effectifs qui permettent une pédagogie vraiment différenciée, classes spécifiques, ou disposif mixte (horaires réservés pour des activités spécifiques) ce qui a le mérite de ne pas stigmatiser, mais complique les emplois du temps.

- Sur les ZEP. Il y a un dispositif très intéressant, expérimenté dans le Val de Marne (et peut-être ailleurs): réserver la moitié du temps (une plage horaire le matin et une l'après-midi) à un travail en demi-groupes, en fonction des besoins des enfants, une fois en maths, une fois en français. C'est hyper efficace, même en trois semaines les enfants qui ont des problèmes rattrapent. En gros, il faut 1,5 professeur par classe. Voilà qui serait un vrai engagement dans pour les ZEP. Quelle est la plaie des ZEP aujourd'hui: des enseignants inexpérimentés et une instabilité chronique des équipes pédagogiques qui changent trop souvent. On le comprend, ce n'est pas toujours facile, on est comme un soldat au front, et la fatigue conduit à demander des mutations vers des lieux moins exposés. Quelles solutions? Eviter d'y mettre des stagiaires en début de formation? encourager les gens à rester un certain temps ? comment ? attirer des enseignants plus âgés pour équilibrer les équipes, par des primes??

- Veiller à ce que les services d'aide (les RASED pour les initiés, ou "Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté": médecins scolaires, psychologues, orthophonistes, enseignants spécialisés, etc.) fonctionnent bien et soient accessibles. Ils sont souvent saturés. Former les enseignants au dépistage (mais ils n'ont pas à devenir des experts, il faut seulement qu'en cas de doute ils puissent envoyer l'enfant chez un spécialiste.) Dans les ZEP, renforcer ce type de services à l'intérieur de l'école.

- La qualité de la formation des enseignants est une question cruciale. En outre, nous sommes dans un moment de changement avec les rattachement des IUFM aux universités et l’alignement possible sur LMD. Aujourd'hui les instituteurs ont à peine 1 an de formation contre 3 dans les anciennes écoles normales (2 pour ceux qui ont préparé le concours à l'IUFM mais dans une académie comme Créteil c'est seulement la moitié des reçus au concours) alors que le métier est au moins aussi difficile. Rien d'étonnant à ce qu'ils connaissent moins bien le métier en début de carrière !
Une proposition de formation: préparation des concours dès L3, M1 et M2 en formation au métier d'enseignant. M1 correspondrait à l'actuel PE2, M2 est à inventer et permettrait de faire tout ce qui manque aujourd'hui au delà de la didactique des disciplines. On peut imaginer d'étaler M2 sur les actuelles années T1 et T2 (donc d'être à mi-temps enseignant et à mi-temps en formation). Il faut réfléchir au moment de la titularisation dans ce cas. Les professeurs des écoles auraient un master pro "enseignement primaire" qui reconnaîtrait enfin que leur compétence est plus qu'une licence. Au passage, cela supposerait aussi une revalorisation des salaires...

- Il est urgent d'arrêter l'application du décret Robien qui diminue le rôle de l’IUFM et prévoit une formation sur le tas avec un tuteur (qui ? avec quelle formation ? mystère). Ce serait une double catastrophe : pour les enfants qui auront un(e) professeur inexpérimenté la première moitié de l’année (les dégâts plus limités en secondaire où ce n’est que quelques heures par semaine), surtout en ZEP au CP, et pour la qualité de la formation des enseignants. Il est assez contradictoire de trouver les enseignants mal formés et... de leur confier la formation de leurs jeunes collègues. A part projeter les stagiaires dans la douleur d'une situation qu'ils ne maîtrisent pas et reproduire l'existant, avec ce qu'il a de bien et de mal, je ne vois pas l'intérêt de ce nouveau dispositif. Ou plutôt si: il permet des économies, les stagiaires assurent des heures d'enseignement et il y a moins d'heures de formation à leur payer. Est-ce une vision à long terme?

- Il est essentiel de conserver un important volet de formation continue pour deux raisons: 1) les profils des professeurs sont très variés, ils ont été formés différemment à des époques différentes et les programmes changent; 2) cela permet de la variété dans la carrière, ce qui est important pour conserver de l'enthousiasme.

- Il faut créer un métier d'informaticien d'école, capable de dialoguer avec les enseignants, d'assurer la maintenance du matériel et d'aider au choix du matériel. Sans cela, pas de TIC possibles. Je vois tous les jours des mairies qui ont investi dans du matériel inadapté, des informaticiens qui créent des usines à gaz que personne ne peut utiliser, etc. Le vrai problème ne vient pas des enseignants ou de l'argent (même si cela arrive).

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